Costa Rica : Night Tour

Après une journée de repos ponctuée de randonnées dans la jungle, le soleil s’est couché pour clôturer notre journée. Avec un bon repas, on pourrait penser que notre équipée aurait déclaré forfait. Que nenni, une nouvelle exploration nous attends dans la jungle obscure. Pour ceux qui pensent que la nuit est trop noire loin de la civilisation, je leur conseille d’aller découvrir la lampe de poche, ou frontale, chez leur équipementier préféré. Pour ceux qui craignent les bêtes qui rampent avec plein de pattes, vous devriez en rester là. Pour les autres, je vous invite à nous suivre, une soirée emplie de découvertes se profile !

Notre rendez-vous est à 8h du soir, autant dire tard dans la soirée au Costa Rica. Notre guide, un costaricain qui connait la région comme sa poche nous retrouve devant le lodge. Notre balade consiste à explorer la jungle alentour pour y rencontrer les animaux nocturnes. Pour accompagner Gaëlle, Christian et moi, une jeune mère française elle aussi, et sa courageuse (mais pas téméraire) fille du haut de ses 8 ans.

Pour commencer il nous a expliqué comment repérer les insectes et autres animaux qui nous entourent la nuit. Avec le noir qui nous enveloppe, il suffit de balader sa lampe dans les plantes pour voir se refléter des yeux. Et à vrai dire c’est une multitude d’yeux, comme si les plantes étaient recouvertes de paillettes, que l’on découvre tout à coup. Tout heureux de cette nouvelle capacité, je file voir une paire d’yeux qui s’avèrent appartenir à un crabe venu se percher sur une feuille. Il est alors temps de sortir le reflex ainsi que le flash et son réflecteur pour lui tirer le portrait. Vu le résultat, je ne vais pas m’ennuyer ce soir !

 

On prend le chemin qui file à l’arrière du lodge. Après avoir traversé quelques hautes plantes et la première frayeur pour notre vaillante petite aventurière passée, on tombe sur une magnifique toile d’araignée occupée en son centre d’un joli spécimen à l’abdomen orange. Toutes nos lampes sont braquées sur elle, ainsi que quelques flashs de ma part. Loin de s’en plaindre, elle attend ses proies attirées par notre lumière. Elle commence sa chasse par un petit insecte qui est venu voler au mauvais endroit. La capture est d’une efficacité redoutable, à peine posé, l’insecte est immobilisé puis enroulé dans un filin d’une solidité sans égal, jusqu’à ne former plus qu’un cocon que l’araignée pend à son garde manger.

 

Le guide riche de connaissances nous décrit les capacités de la prédatrice, avec les multiples filins qu’elle peut produire pour construire sa toile chaque jour, avant de la manger le soir même pour ne pas gâcher de protéines, puis de tisser la suivante. Entre la démonstration de l’araignée et les explications du guide, nous voilà posé depuis de longues minutes devant la toile de notre amie. Avec nos lumières, on l’a régale donc d’une nouvelle proie de choix, une grande libellule. Avant même que nous l’aillions vu l’araignée l’a sentie, et elle file sur sa toile. D’une méthode imparable, elle capture sa proie avant de la transformer en un large cocon sous nos yeux ébahis.

 

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Afin de ne pas rallonger la liste du menu de trop, nous continuons notre chemin vers un petit cours d’eau. Le nouvel objectif est de trouver les grenouilles qui s’y cachent. Avec un peu de patience, les yeux affutés de notre guide trouvent plusieurs spécimens cachés derrière des feuilles, ou posés dans quelques millimètres d’eau pour l’absorber à travers leur peau. On trouve aussi des araignées et crabes posés sur les feuilles qui recouvrent la surface du ruisseau. Un peu plus loin sur le bord du chemin on trouve une whip spider qui ressemble fort à une immense araignée, ainsi qu’un gigantesque crapaud qui se cache dans un terrier.

Changement d’échelle pour la suite, puisque nous allons voir un tout petit insecte aux constructions démesurées, j’ai nommé la fourmi coupe-feuille. Premier indice de son passage, les autoroutes qu’elles tracent au milieu de la forêt tropicale. D’une largeur d’environ 20 cm, ces chemins tranchent avec le reste de la forêt couvert de feuilles jaunies (nous sommes à la saison sèche). Ici rien ne dépasse, il ne reste que la terre battue. Ces chemins s’étirent sur des centaines de mètres, jusqu’à converger à l’immense fourmilière. On commence tout d’abord par observer les fourmis au travail sur le chemin. Les petites ouvrières sont en charge de transporter les feuilles découpées qui font plusieurs fois leur taille, alors que les guerrières de plus d’un centimètre se charge de tout nettoyer sur leur passage, y compris les troncs et nos pieds si l’on fait un faux pas. On fait donc bien attention tout en remontant leur piste, alors que le guide nous explique le fonctionnement complexe de ces étonnantes colonies.

Connus comme les ingénieurs de la jungle, ces petites bêtes sont capable de couper les feuilles d’arbres entiers et ainsi de favoriser la pousse de certains essences d’arbres plutôt que d’autres. Elles ramènent tous les morceaux de feuille dans leur fourmilière dont chacune peut être composée de plusieurs millions d’individus. Elle ne se nourrissent cependant pas des feuilles directement, mais utilisent celles-ci pour élever un champignon qu’elles cultivent dans leur garde manger dans un superbe exemple de coévolution. Une fois les feuilles séchées, celles-ci sont évacuées et forment une large pile qui donne une échelle de la colonie. Sous nos pieds, les galeries souterraines de la fourmilière peuvent s’étendre sur plusieurs dizaines de mètres.

Après toutes ces découvertes il est temps de rentrer à la tente. En route nous croisons une autre large araignée, que le guide ne nous laisse cette fois-là pas approcher. Celle-ci est connue comme étant l’araignée des bananes, puisqu’elle vit sur les arbres du même nom, et se retrouve parfois dans les cargaisons de banane. Elle est aussi connue pour être une araignée extrêmement venimeuse et pouvant être mortelle. Sur ces doux mots, nous remercions donc notre guide et allons nous coucher, non sans voir les dizaines d’yeux qui nous observent dans la nuit.

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