Not Every Mountain

La vie culturelle à Austin est très riche, il y a la musique d’abord, car oui nous sommes ici dans la capitale mondiale de la musique live, et aussi le théâtre. Car, même si les subventions sont très faibles pour les arts de la scène, il y a encore et toujours des petits théâtres de quartier qui résistent encore et toujours aux coupures budgétaires. Pour notre plus grand plaisir. La semaine dernière nous avons eu la chance d’aller voir une pièce jouée au Off Center Theater qui se trouve à East Austin. Enfin, jouée n’est pas le bon terme, non, car il n’y a pas de comédiens à proprement parler, il n’y a pas de dialogues, il n’y a pas d’intrigue. Mais qu’est-ce donc ?!

Not Every Mountain est la première partie d’une pièce en trois épisodes.

Nous sommes dans une pièce sombre, seuls quelques spots de lumière éclairent le milieu de la salle. Sur les deux longueurs sont disposés des marchepieds noirs pour que les spectateurs puissent s’asseoir. Au fond se trouve un petit échafaudage sur lequel un homme est installé avec en face de lui un étrange instrument. En dessous, un siège vacant attend. Devant la scène se trouve une estrade haute, sur laquelle il y a deux rangées de sièges pour les spectateurs. Nous nous posons à même l’estrade, directement face à l’action.

Not Every Mountain est une pièce non conventionnelle.

Au centre, trois personnes s’activent autour de cartons assemblés pour former des montagnes. Avec un drôle d’enrouleur, ils tirent sur les ficelles qui jonchent le sol et font naître de nouvelles montagnes de cartons. La porte de la salle est encore ouverte, des gens entrent et sortent, la fiction et la réalité se mêlent une dizaine de minutes puis l’un des protagonistes se met à danser et à chanter pour nous souhaiter la bienvenue. La danse est comique, le chant est maladroit, le tout est plein d’énergie. L’ambiance est posée, nous avons tous le sourire aux lèvres.

Not Every Mountain est une lecture animée.

Entre alors sur scène une femme qui s’installe dans la chaise vacante. Elle pose devant elle un grand livre, une sorte de grimoire, et commence à raconter une histoire. Enfin non ce n’est pas une histoire, cela sonne comme une incantation ou une prière. Chaque phrase débute par « Not Every Mountain ». Durant une heure elle récitera les vers les uns après les autres, changeant parfois un peu d’intonation, laissant un blanc pour nous laisser rire avant de reprendre son récit.

Not Every Mountain est un récit envoûtant.

Mais que deviennent nos trois personnages du début ? Après nous avoir accueilli pendant que ses deux compères cassaient la croûte à nos pieds, ils se sont tous trois enfuis par un passage secret. Puis d’autres sont arrivés et partis, et d’autres encore les ont rejoints. Leurs costumes changent mais là n’est pas l’important, les acteurs se sont les montagnes. Les gens sont là pour les faire vivre, pour leur faire traverser le temps et les intempéries.

Not Every Mountain est une métaphore humaine.

Comment font-ils vivre les montagnes ? Par des passages souterrains, ou plutôt sous nos pieds. Durant toute la représentation défileront des cartons et des cartons poussés par des mains invisibles vers le centre de la salle. Puis les gens les assemblent les uns aux autres pour former des montagnes plus grandes, et plus grandes encore. Jusqu’à ce que patatras, tout s’écroule. Lumière.

Not Every Mountain est une histoire finement orchestrée.

Le récit est prenant, la femme qui parle a une voix posée, douce, elle nous berce. Les lumières changent l’ambiance au fil des saisons qui passent. Les assembleurs font intervenir le public, Mickaël par exemple s’est vu offrir un éléphant en plastique qu’il devait ensuite aller poser sur le décor. D’autres ont prêté leur téléphone pour ajouter des chants d’oiseaux, de la pluie qui tombe. L’instrument bizarre dégageait des odeurs de bougies, à la fin nous sommes donc allés voir. Durant toute la pièce il a creusé des sillons dans de la cire avec des fers à souder créant d’immenses et fragiles stalactites.

Not Every Mountain est une belle invention.

Les cartons que vous pouvez voir sur les photos ont été conçu de façon assez stupéfiante. Des aimants sont placés à l’intérieur pour que les faces adhèrent entre elles, il y a des signes positif/négatif pour savoir où poser chaque tranche. Autant vous dire qu’à la fin, lorsque la lumière s’est allumée et qu’ils nous ont enjoint à jouer avec les Lego géants, nous avons été les premiers à sauter le pas !

Not Every Mountain est une pièce que nous avons beaucoup aimée.

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2 réflexions sur “Not Every Mountain

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