Yellowstone : Norris Basin

Dernier jour à Yellowstone, avec encore une fois un programme chargé. Après pas mal d’hésitations, nous avons décidé d’aller voir un nouveau bassin de geysers. On croise encore un troupeau de touristes qui admire un troupeau d’élans sur le bord de la route. Nous sommes presque blasés, autant que pour les geysers. Le guide du parc recommande tout particulièrement le Norris Basin, nous en prenons la direction avec pour plan de passer rapidement avant de filer se balader dans une montagne. Au final, nous avons passé beaucoup plus de temps que prévu à ce bassin…

Il est en général assez difficile de décrire des lieux comme Yellowstone, ou d’en capturer l’essence en photos. Pour le Norris Basin, c’est perdu d’avance. Lorsque je repense à ce lieu, la seule manière d’expliquer mon ressenti est une immense claque qui emporte mon cerveau. Plus rien ne fait de sens dans ce lieu, nous sommes transportés dans une autre dimension.

Il est encore bonne heure lorsque nous arrivons, le soleil est encore bas à l’horizon et projette l’ombre de la forêt qui nous entoure sur le bassin. Face à nous, une terre brûlée, fumante, bouillonnante, multicolore, et sans cesse changeante. C’est la particularité de ce lieu dont l’activité dissout les roches mêmes qui le composent, en perpétuel changement, et où chaque visite offre un paysage différent. Ce matin, il nous avait réservé plusieurs lacs à la fois turquoise et rouille, entourés de fumerolles défiant l’air frais matinal. Des trous se forment au milieu des boues pour relâcher plus de vapeurs, et nous submerger d’une forte odeur sulfurée.

Un peu plus loin, une coulée d’eau se pare de couleurs vertes, jaunes et rouges à la fois. Une passerelle nous mène au cœur de cette vision dantesque. Au loin, c’est tout juste si l’on distingue d’autres touristes, enveloppés dans la fumée. Dans l’eau qui nous entoure, on aperçoit des étranges trous, certains venant participer au bouillonnement général. Le vent qui souffle fort vient balayer les nuages et la fumée pour révéler une immense fumerolle de plusieurs dizaines de mètres de haut et à la forme toute particulière.

On remonte vers l’entrée du bassin, on aperçoit un bus de touristes lancé à nos trousses. Insatiables, nous partons vers une autre partie du bassin qui demande plus de marche à pied, et donc bien moins fréquentée. Ici les geysers sont beaucoup moins concentrés, et chacun offre une vue impressionnante. Ils sont pour la plupart dans une immense plaine brûlée par leur activité. Leur rejet forme des ruisseaux colorés au milieu de ce paysage aride, un contraste saisissant.

Un peu plus loin, on croise une femme posée à côté d’un geyser au repos, carnet et chrono à la main. Elle mesure et note chaque éruption pour tenter de décrypter le rythme et le fonctionnement de ce complexe bassin, sans grand succès, et aussi admirer le spectacle sans cesse renouvelé de ces éruptions. Au bout de quelques minutes le geyser se réveille avec une éruption jaillissante, que l’on ne manque pas d’admirer durant près de deux minutes, avant de s’éteindre comme elle était arrivée.

Plus loin encore ce sont de multiples bassins azurs qui ponctuent notre chemin, chacun d’entre eux nous saisissent à nouveau par leur couleur si limpide. Un trou formé près du chemin nous rappelle la précarité de notre position, puisqu’il révèle un sous-sol creux et rempli d’une eau que l’on imagine brûlante. Un des bassins, d’une eau turquoise paisible, est entouré d’énormes roches acérées qu’il a expulsé lors de sa formation.

Entre deux bassins, on croise un creux rempli d’une épaisse boue marron bouillonnante. Plus loin, un autre offre une gamme colorée partant d’un bleu profond jusqu’à des larmes rougeoyantes. Un monticule de plusieurs mètres de haut signale la présence d’un immense geyser, dont la fumée monte bien au dessus de nous. De l’eau jaillit de celui-ci à plusieurs mètres de haut. On lit qu’il est actuellement au repos. Chacune de ces éruptions fait jaillir de l’eau à plus de 90m de haut, elles sont visibles d’une grande partie du parc, et sont actives pendant près de 24h. La dernière date de plusieurs années, et je ne suis pas sur de vouloir admirer la prochaine d’aussi près.

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