Scare for a Cure!

Nous voilà sur la route. On file en voiture. C’est le milieu de la nuit, au cœur de la campagne. On est assis sur des sacs plastiques, nos vêtements sont tâchés de sang. À vrai dire nous sommes couvert de sang. Mes cheveux s’agglutinent, et je le sens couler dans mon dos. Gaëlle n’est pas dans un meilleur état. Quelle idée d’aller à cette soirée…

Pourtant tout avait bien commencé. On se rendait dans une ville voisine sur les conseils d’un collègue. On s’est retrouvé sur le tournage d’une émission de télé-réalité, réalisée par One Bad Night Production. On devait participer à l’émission, avec à la clé un superbe prix. Le challenge ? Explorer une demeure abandonnée accompagnés de l’équipe de tournage. Après un premier test physique, on retrouve notre cameraman qui nous amène jusqu’à ladite maison.

En quelques mots, il nous raconte l’histoire du lieu. Il appartient à la famille d’un ancien général de la guerre de sécession. Après la guerre, il s’était installé au Texas avec sa famille pour devenir juge. La rumeur veut que ce juge était très sévère. Aujourd’hui sa famille a disparu. Nous allons explorer son ancienne demeure pour en découvrir plus sur son histoire.

On rentre dans le salon, rien que de plus normal. Pas mal de poussière, cette maison est depuis bien longtemps abandonnée. En cherchant un peu, je devine un levier qui ouvre un passage au travers de la cheminée. À l’intérieur, on rencontre un ancien collègue du juge. Il semble en assez mauvais état. Il nous parle de cavaliers de l’apocalypse, du jugement dernier. Du sang coule de sa tête, on ne va pas traîner là.

Un peu plus loin, c’est un groupe d’enfants que l’on croise. Que font-ils dans un endroit aussi lugubre ? Ils semblent résignés à rester ici, comme si toute vie les avait quittés. Au détour d’un couloir, un homme est empalé par une fourche. Il est encore vivant, nous dit qu’il est ici puni par le juge. On essaye de le libérer, mais au moindre mouvement le sang nous gicle dessus. Plus loin, c’est une vieille femme occupée en cuisine. J’essaye de lui donner un ingrédient qu’elle m’indique, au fond d’une grande jarre. J’en sort un énorme rat mort, ensanglanté. Les scènes d’apocalypse s’enchaînent, cette maison immense est remplie de toutes les victimes de ce monstre.

On essaye de se sortir de là. Un homme nous poursuit avec un hachoir. Le cameraman le retient, on s’échappe par un conduit étroit. C’est une voie sans issue, le sol se met à remuer, on ne sait plus bien où l’on est. On arrive enfin à sortir. On traverse une longue passerelle. Un cylindre tourne autour de nous, le sol semble se dérober sous nos pieds, j’ai la tête qui tourne. Nous voilà dans l’outre-monde. On croise de nouveau des enfants, leurs mains viennent se glisser sur nos épaules, nous sommes glacés par l’effroi.

Tous ces gens sont des victimes du juge, torturés pour l’éternité. On croise une autre équipe de tournage qui nous précédait, il ne reste qu’un seul survivant. Il est temps de sortir de là, mais par où passer ? Plus loin, on croise l’ancienne maîtresse du juge. Cet homme si sévère n’était pas sans reproche. Elle nous demande de la venger, pour son enfant qui lui a été enlevé, et nous montre la sortie de ce monde de souffrance.

Nous voilà de nouveau à quatre pattes dans un conduit, bloqués. Il se met à bouger, saute cahote. Il fait un bruit de pick-up, nous sommes bien de retour au Texas. À la sortie, on retrouve notre cameraman perdu. On lui raconte notre aventure, avant de repartir à la recherche d’une issue. On croise le fils du juge. Lui aussi a souffert de son père, mais nous demande de lui pardonner. On arrive enfin face au juge.

Il nous regarde d’un air impérieux, et nous somme d’avouer nos péchés. Il parle de punition, de vengeance divine, de souffrance. On essaye de l’apaiser, on lui répond qu’on le pardonne. Il se dresse terrible, face à son pupitre. Un grand bruit, un flash aveuglant. Le voilà disparu, et une mare de sang nous coule dessus… La sortie est là.

Arrivés là vous devez vous dire que même si l’on ne vit pas en Californie, on ne doit pas tourner qu’aux herbes de Provence. On ne va pas nier qu’Austin est plutôt weird, mais ce soir nous avons expérimenté une maison hantée à l’américaine ! Pour chaque halloween, ces expériences se multiplient aux 4 coins des États-Unis, avec des productions de plus d’une heure et couvrant plusieurs hectares.

Ce soir nous étions à Scare for a Cure, une maison hantée près d’Austin où plusieurs collègues travaillent comme volontaires. À vrai dire l’attraction est entièrement menée par des bénévoles. Et pour faire bien américain, l’ensemble des bénéfices vont à une œuvre caritative, en octobre c’est la lutte contre le cancer du sein. De retour à la maison, il faut près d’un quart d’heure pour arriver à rincer le sang qui nous recouvre. C’était gore, c’était fun, et c’était pour la bonne cause !

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