Big Bend – Camping

Quelques temps après notre installation à Austin, on s’est mis à chercher des montagnes pour aller se dégourdir les guibolles. Les sommets les plus proches se trouvent à Big Bend National Park, dans le désert du Chihuahua, au bord du Rio Grande qui fait office de frontière avec le Mexique.

Une location de voiture, un emprunt de tente, l’achat de duvets, et 8 heures de route plus tard nous voici arrivés au camping.

Le premier mot qui vient à l’esprit en sortant de la voiture est « outch ». Il fait chaud, très chaud, et le soleil cogne dur. Pas de doute possible, nous voilà bien dans un désert. Nous sommes à l’époque fin février, habitués au 24°C, pas au 30°C à l’ombre – quand il y en a.

C’est tout assommés que nous arrivons au camping. Un coin rempli de grands arbres dont beaucoup de peupliers en pleine période de pollen, autant dire qu’on a l’impression qu’il neige. C’est assez incroyable de trouver autant de verdure située au milieu du désert, cernée de roches brûlées par le soleil.

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Notre emplacement est grand avec plein d’herbe, une table de pique-nique, un caisson pour cacher la nourriture des ours, et pas loin du robinet pour remplir les gourdes. Nous sommes entourés de modestes caravanes… Après avoir monté la tente, la voisine pour nous dire qu’il faut qu’on la bouge parce qu’ils vont inonder notre parcelle.

Hein?! Euh, non. Mickaël va voir le Ranger qui lui explique que demain ils vont bien noyer notre petit bout de terre, excepté le petit coin en gravier collé à la voiture qui est surélevé. On laisse la tente là où elle est et on file dans les rocailles pour se balader.

La chaude journée s’achève par une observation du ciel. Big Bend est le meilleur emplacement du Texas pour l’observation des étoiles, alors autant en profiter ! Dans le noir on entend des bruits se rapprocher de nous. Aux aguets, on monte dans la voiture pour aller dans un lieu plus isolé et sans pollution lumineuse, et la surprise en allumant les phares, des javelinas !

La nuit est plutôt fraîche. Après notre escapade, on s’emmitoufle sous la tente pour un bon sommeil. Pas de bruit, pas de lumière, qu’est ce que ça fait du bien !

Le lendemain, après avoir déjeuné, on déplace la tente avant de partir de nouveau en vadrouille. En rentrant, il n’y a pas d’eau, on hésite à ramener notre petit nid sur un terrain plus tendre. Le Ranger est en train de faire sa ronde à vélo, on le hèle pour savoir ce qu’il en est. Il nous explique qu’ils ont commencé à pomper l’eau de la rivière, et qu’elle va se déverser petit à petit sur un ensemble d’emplacements. Je lui demande mais pourquoi ?! C’est pour les peupliers, sans leur noyade régulière, ils ne survivraient pas, ils ne sont pas du coin…

On sort les appareils pour prendre des images des jolis lapins qui viennent nous rendre visite. Je vais chercher de quoi manger dans la voiture pendant que Mickaël installe le matos, mais elle ne s’ouvre pas. Je lui demande les clefs, mais il ne les a pas. Ah. Ben moi non plus. Ah. Et fichtre, les clefs sont dans le sac à dos qui est dans le coffre de la voiture qui s’est verrouillée toute seule. Passées les cinq minutes de « ouh pinaise qu’est ce qu’on fait, on a les duvets et le repas dans le coffre, c’est une voiture de location, la ville la plus proche est à plus de 2h de route, on va jamais réussir à rentrer et on va finir brûlés au soleil », on respire. On réfléchi, je file voir le Ranger dans sa caravane, et Mickaël reste vers la voiture – il a marché toute la journée avec les mauvaises chaussures.

Je prends la frontale, j’avance vite, je me perds – sinon c’est pas drôle – je demande à une dame mon chemin. Elle veut savoir pourquoi, je lui explique vite fait, et elle m’accompagne jusque chez le Ranger. Je toque, et j’explique tout à Madame Ranger. Elle est une bénévole – comme Monsieur Ranger à vélo – le vrai Ranger fait une ronde dans le parc de plusieurs centaines de miles tous les soirs, elle va essayer de le contacter.

Je retourne auprès de Mickaël et on attend. On fait pas trop les malins, on envisage de casser une fenêtre ou de forcer une serrure. Les bénévoles font une ronde dix minutes plus tard pour nous demander si on a besoin de quoique ce soit en attendant.

Une vingtaine de minutes après arrive The Ranger. On lui explique, il veut savoir où on a rangé les clefs et d’autres détails pour être sur que c’est bien notre voiture. Ensuite, il sort son kit ouverture de porte sans clefs (!) et en vingt secondes le tour est joué. Visiblement, on est pas les premiers.

Ouf !

On le remercie, tout comme on remercie les bénévoles qui repassent un peu plus tard pour vérifier que tout va bien. Et aussi la dame qui vient aux gossips du camping le lendemain. Pendant ce temps, l’eau est bien montée et continue sur sa lancée. Il est temps de se remplir la panse, de sortir les duvets et d’aller se coucher !

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