A Day in the City

Poursuivons notre voyage Californien en remontant jusqu‘à San Francisco. C’était l’année dernière, alors que je travaillais encore chez Nokia à Berkeley. En ce dimanche matin, pour rompre le rythme de la semaine, je prends la direction de San Francisco. Mon objectif, la California Academy of Sciences, est perchée en plein cœur de la ville, dans les hauteurs du Golden Gate Park. Pour m’y rendre, je traverse Oakland à pied, puis la baie en BART (le RER local), la ville en métro, pour enfin reprendre la marche dans le parc. Le jour est éclairé par un soleil tout juste voilé, et la température est déjà plus que printanière.

L’académie est un magnifique bâtiment, résolument moderne, surmonté d’un toit naturel duquel dépasse deux immenses sphères. À l’intérieur on y croise des crevettes que l’on croirait découpées dans un bout de papier tels des origamis, des poissons et des grenouilles n’ayant rien à envier au plus colorés des arcs en ciel, ou encore des serpents, murènes et autres araignées à vous glacer le sang. On s’y installe pour regarder des reportages dans un immense planétarium, on arpente la forêt tropicale des racines jusqu’à la canopée, et on revit les tremblements de terre dans une pièce où tout semble vouloir nous tomber dessus.

Au terme de toutes ces découvertes, et accompagné de mon collègue Chadi, nous prenons alors la direction de la ville. Après un crochet par une exposition de quelques artistes locaux, je prends le parti de lui faire découvrir Haight and Hashbury, où est né le mouvement hippie. Le quartier s’est aujourd’hui embourgeoisé, avec ses magnifiques maisons victoriennes, mais on y trouve toujours quelques originaux de cette génération folle, et de nombreux jeunes qui perpétuent cet esprit à leur manière, avec cette attitude toujours cool si spécifique à la région.

Après une petite pause café sur place, nous reprenons notre route vers la ville, bloc après bloc, nous croisons même Lyon Street, jusqu’à arriver à Lower Haight. Le quartier est moins connu que son voisin Castro qui a vu naitre la révolution gaie aux États-Unis, mais propose lui aussi une jolie ambiance et quelques bars originaux. À la porte d’un deux, ce sont des airs de Jazz qui nous appellent.

Le groupe joue au fond de la salle, qui s’ouvre ensuite sur une cour intérieure et quelques tables. Cette cour est entourée de bâtiments et de fleurs, ainsi qu’une grande fresque présentant des gens du monde entier partageant le même lieu. Derrière nous, un vieux noir semble comme secoué de hoquets, et lâche des Oh yeah! de manière aléatoire. Au fond de la cour, quelques personnes de toutes couleurs sont attablées autour de verres de vins et de bières, portées par quelques fumées médicinales. Ils sont bientôt rejoint par un des musiciens qui salue tout le monde, tandis qu’un autre part jouer à sa place.

Les discussions s’enchaînent, les gens filent, tout le monde semble jouer et se connaître, et il s’installe une ambiance conviviale telle qu’on l’imaginerait dans le bar d’un village. Entre deux Oh yeah! le vieux noir rejoint le groupe et nous salue au passage. Une jeune femme quitte le groupe pour se poser à son tour dans la cour, avant de retourner au bar pour les encourager. Après un magnifique solo, un grand noir et sa flute traversière vient nous saluer à son tour, aussi heureux que nous d’être là et de nous serrer la main chaleureusement.

C’est ensuite le chapelier fou qui arrive, un grand homme blanc maigre sous un chapeau qui ne tient pas plus droit que lui, et qui vient jouer du trombone. Un chinois passé par là avec ce qui ressemble à une poubelle rose rejoint le groupe toujours en pleine discussion. Un mexicain semble aligner des colliers sur une table comme s’il allait les vendre. Les gens défilent, se saluent, jouent, rient, applaudissent, servent ou se font servir. Le chapelier fou vient de nouveau se poser après avoir joué une unique note, puis rejoint d’autres membres du groupe pour discuter. C’est ici un grand black, le costume aussi blanc que ses cheveux, là une petite femme blanche tout en sourire, notre collègue à la flute traversière, et bien plus encore, tous pris dans ce tourbillon, portés par le jazz qui swing et fait tourner les têtes.

Au final je ne sais pas si je vivrai un jour à San Francisco, probablement pas, mais cette ville a la folie, l’énergie et la beauté unique restera toujours gravée en moi, tout comme cette soirée au café international…

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